Libertarians vs. Democrats
Par Julien le lundi 25 août 2008, 16:21 - Lien permanent
I've just come back from 3 weeks of holidays and a good discussion with my
parents, especially on my philosophy and libertarians.
That's a recurrent process: when I talk with a person about that I am a
libertarian, the person is amused at first.
Then when that person is a socialist, I am accused of being sold to big
corporations, money or whatever.
When that person is more right wing, I am disdained to be just an idealist
because my view can not work.
The biggest hurdle to this kind of discussion is that most often the person
is orienting the talk by bombarding me with questions on how to solve this or
that "problem" without forcing people with a state.
I previously used to be trapped in this by trying to draw how people without a
state would make what some want for any case such as security, education,
insurance, roads or whatever.
This always leaded to a kind of brainstorm ping pong on actually designing in
details such an answer to a problem currently dealt by the state.
After reading and thinking about it, I now try to make my opponent shift to
a deeper and more subtle understanding of being a libertarian.
For me, the main difficulty to compare libertarians and "democrats" (not the US
party but the ones that love, trust and enforce democracy) is due to that they
are not aiming at the same questions.
Democrats and democracy is a question of WHAT to do WHATEVER the means,
FORCE INCLUDED: the way is to let each person in the place vote and do what the
most want.
More precisely, in today representative democracy, persons are voting for WHO
is going to tell what to do.
That is the rule of the strongest: the state is the strongest and it is making
the laws.
Once this has been done, the government has a limited period to do what it
wants with any means.
Libertarianism is a question of HOW to do WHATEVER the aims: the way is to
let each person in the place do what he wants except forcing people, be it as
an end (like a serial killer) or as a mean (like a state).
So as a libertarian, when I want the state to stop acting, this does not
mean that I don't want it. It means that for me NOTHING should justify to
force/racket people via taxes and rules, even for apparently "heart minded
reason".
Commentaires
Problème : dans une société libertaire, il y a aura des serial killers ! Il faudra donc une police. Et une justice. Donc des lois. Donc un Etat.
Tu n'y coupes pas ; l'homme est un loup pour l'homme (Hobbes). L'état de nature est assimilable à la loi de la jungle. La seule issue est la construction d'un système de droit positif. Donc un Etat.
Une autre façon encore de le dire ? La liberté des uns commence là où s'arrête celle des autres. Mais on ne peut pas compter sur l'autorégulation. Il faut donc définir des normes communes, même minimalistes, et un processus d'élaboration et de révision de ces normes. Donc un Etat.
Un autre point : sans Etat, les uns, créatifs, doués, batiront des empires, les transmettront à leur descendance, qui les renforceront, etc... Les autres, moins doués, moins chanceux, seront progressivement exploités par les premiers. Liberté pour moi mais pas pour les autres ? Système instable qui conduira à la révolte des seconds, à la guerre. Il faut absolument un mécanisme encourageant l'égalité des chances pour assurer le renouvellement, le brassage de la société et, in fine, la circulation des richesses.
Encore un point ? Les uns exploiteront les ressources naturelles, en plus d'exploiter leurs congénères. Sans limite, jusqu'à ce que l'ogre se dévore lui-même et ne laisse rien.
Pour toutes ces raisons, et bien d'autres, les hommes doivent définir ensemble leurs règles communes et les moyens de les faire respecter.
Certainement ces règles seraient-elles plus acceptables si elles étaient le fruit de communautés plus réduites, ou chacun pourrait sentir sa contribution et sa responsabilité.
Un peu de lecture ? La trilogie martienne de Kim Stanley Robinson. Au-delà de l'épopée passionnante, une formidable tentative d'imaginer une autre organisation des écosystèmes humains.
Bruno,
Merci pour ces points intéressant.
Pour te répondre, quelques éléments:
Ton premier point renvoie à la nature de l'homme, à considérer comme bon ou mauvais.
Contrairement à ce que tu sembles croire, je ne considère pas l'homme comme bon "naturellement".
Pour te répondre, 3 points:
Premièrement, aucune société avec ou sans état, ne peut fonctionner si la grande majorité de ces membres utilisent la force directement les uns contre les autres, comme tu peux le voir en Irak, Afghanistan ou Congo, pays où l'état existe.
Deuxièmement, dans une société sans état, la sécurité des personnes et des biens ne cesse pas d'être un besoin essentielle pour lequel des entreprises proposeraient leurs services. Au lieu que la Police Nationale ait le monopole, plusieurs agences, peut être mandatées par des assurances, se ferait concurrence pour améliorer leurs offres.
Troisièmement, si, comme moi, tu considères l'homme comme "non naturellement bon", tu devrais avoir très peur de l'existence d'une structure comme l'état, force par excellence, qui par sa taille et sa puissance, attise absolument les volontés de domination et de spoliation de nos concitoyens.
Ton deuxième point renvoie à la reproduction sociale: là aussi, ta position me surprend: ce qui permet le maintien des rentes de situations des gens "au sommet" est généralement leur rapprochement avec l'état pour se garantir des privilèges, restreindre la concurrence, tuer les nouveaux modèles économiques.
Comme l'a bien montré Bastiat, c'est d'ailleurs les plus "riches" qui ont fait basculer l'état dans le "positif" en lui demandant (déjà) des protections douanières face à l'acier de Belgique ou du blé d'Angleterre.
Ton troisième point confirme l'intuition que j'ai exposée dans un des mes premiers textes, à savoir la montée en puissance de l'environnementalisme sur les décombres du communisme comme principal anti libéralisme.
Et là aussi, je suis surpris: de nombreux exemples, comme certaines espèces en dangers VENDUES à des tribus, la forêt landaise à 90% PRIVEE ou des contre exemples comme la forêt amazonienne publique, illustre comment l'appropriation non étatique est un des, sinon le meilleur antidote à la surconsommation et la destruction des animaux, plantes ou autres. Si Greenpeace souhaite sauver les baleines au Japon, qu'ils les achètent et assument les gains et les coûts.